LGV Lyon-Turin. La France et l'Italie main dans la main
4 décembre 2012 - Réagir à cet article
Les dirigeants français et italien, ont participé, hier, à Lyon, à un sommet bilatéral. L'occasion pour eux de réaffirmer, par un accord, leur volonté de faire avancer le projet de liaison ferroviaire à grande vitesse Lyon-Turin.
La France et l'Italie ont signé, hier, à Lyon, un accord pour la réalisation du projet de liaison ferroviaire à grande vitesse entre Lyon et Turin. Cette «déclaration commune relative au tunnel Lyon-Turin(*) », dont le coût est estimé à 8,5milliards d'euros, a été signée par les ministres des Transports des deux pays, en présence du président François Hollande, du chef du gouvernement italien Mario Monti et du Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Aucune précision n'a été donnée quant à la répartition de la prise en charge de ces 8,5milliards entre l'Italie (qui serait de 2,9milliards d'euros), la France (2,2milliards), le reste étant en principe apporté par le budget européen (soit 40%).
Quatre heures pour Paris-Milan
Lancée lors d'un sommet franco-italien en 1991, cette ligne est censée entrer en service en 2025, mais sera vraisemblablement repoussée à 2028-2029. Selon ses concepteurs, cette «autoroute ferroviaire», combinant fret et trafic voyageurs, devrait permettre à terme d'ôter de la route au moins un million de camions par an et de raccourcir le trajet Paris-Milan à un peu plus de 4heures contre 7 actuellement. Le coût total du chantier, critiqué en France par la Cour des comptes, est évalué à quelque 25milliards d'euros. La question du financement est «complexe dans une période de contraintes budgétaires», reconnaît-on côté français, admettant que si le budget européen pluriannuel 2014-2020 n'était pas adopté, il faudra se montrer «créatif». Alors que les relations entre la France et l'Italie sont jugées «étroites et amicales» sur tous les sujets, le projet de LGV suscite de vives crispations des deux côtés des Alpes, notamment dans les milieux écologistes.
Quelques centaines de manifestants
Plusieurs centaines de manifestants hostiles au projet ferroviaire se sont rassemblés, hier, dans le centre de Lyon. Les organisateurs ont dénoncé la retenue de plusieurs cars de militants italiens sur la route. L'Italie et la France ont signé cinq autres accords bilatéraux concernant la coopération policière, la défense, l'enseignement supérieur et la recherche, ainsi que des modifications concernant le tunnel routier du Fréjus et la convergence de ses tarifs avec ceux du Mont Blanc. François Hollande et Mario Monti font aussi cause commune pour la supervision bancaire, sujet du conseil européen des 13-14 décembre, en vue d'une mise en oeuvre progressive en 2013. *
Le creusement du tunnel lui-même, long de 57 km sous le Mont-Cenis, entre la Savoie et le Val de Suse, devrait commencer en 2014-2015. Il sera plus long que le tunnel sous la Manche (50,5 km).

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire