lundi 4 mars 2013

Foot - Ligue 1 - 27e j. : Lyon s'ensable à Brest - L'Equipe.fr

Le marchand de sable était passé sur Francis-Le Blé mais l'OL a fait un mauvais rêve sur la pelouse très limite de Brest (1-1). Alors que le dauphin du Paris-SG avait l'occasion de se hisser à hauteur des battus de Reims, samedi (0-1), il doit se contenter de les suivre à deux longueurs. «Ce n'est pas l'opération rêvée, mais c'est bien quand même de revenir à deux points», a commenté sur beIN Sport au coup de sifflet final Gomis, qui a eu l'occasion du 2-1 au bout du pied sur la dernière action, sur un centre de Mvuemba qui a réussi son intérim de Gonalons, blessé (mollet).

L'OL a loupé son entame, très vite mené au score sur un une-deux Gueye-Chafni conclu par une frappe de l'ancien Auxerrois que Vercourtre a touchée sans pouvoir la sortir du cadre (8e). Comme d'habitude cette saison, un Lyon mené 1-0 n'a pas gagné. La faute à des Brestois joueurs, enfin victorieux la semaine passée à Bordeaux (2-0) après 12 matches sans succès, et pas malchanceux non plus. Une reprise de Malbranque aurait pu aussi offrir les 3 points à leurs visiteurs, sans l'intervention de Lejeune sur sa ligne (82e).

Alerte à la pollution en Ile-de-France - Le Point

Un dépassement du seuil d'information à la pollution aux particules fines est prévu lundi en Ile-de-France, a averti Airparif dimanche dans un communiqué. Le niveau d'information est activé quand la concentration de 50 microgrammes par mètre cube d'air est dépassée pendant 24 heures consécutives. Airparif prévoit un dépassement de ce niveau lundi en Ile-de-France, pour "au moins 24 heures". Une "dégradation" de la situation est prévisible pour mardi.

L'Agence régionale de santé (ARS) rappelle qu'à ce stade "certaines personnes peuvent présenter une sensibilité particulière aux polluants atmosphériques" : enfants, personnes âgées, asthmatiques, insuffisants respiratoires chroniques. À titre préventif, elle recommande à ces derniers de "privilégier les activités calmes" et d'"éviter toutes activités sportives intenses", et pour ceux qui sont concernés, de "respecter scrupuleusement leurs traitements à visée respiratoire ou les adapter sur avis du médecin."

Prudence

Il convient également de ne pas aggraver les effets de cette pollution par d'autres activités émettrices de substances polluantes (usage de solvants sans protection appropriée, consommation de tabac). Les particules fines PM10 - d'un diamètre inférieur à 10 microns - et surtout PM2,5 - moins de 2,5 microns - peuvent pénétrer profondément dans les voies respiratoires. Elles sont émises par la combustion (bois, carburants...).

Pour sa part, la préfecture de police de Paris conseille notamment de privilégier les transports en commun, le vélo et le covoiturage ainsi que de réduire la vitesse des véhicules sur l'ensemble de l'Ile-de-France. Le seuil d'alerte correspond, lui, à des concentrations dépassant 80 microgrammes/m3 et s'accompagne de restrictions, comme la limitation de la vitesse maximale, et de conseils complémentaires, tels que les activés extérieures pour les enfants.

L'intrigant silence de Paris sur la situation au Mali - Le Figaro

La guerre invisible mene par la France contre Aqmi est devenue depuis quelques jours indicible. Le prsident Franois Hollande, son gouvernement et l'arme franaise restent plus silencieux que jamais depuis l'annonce de la mort probable d'Abdelahmid Abou Zeid et de Mokhtar Belmokhtar, les chefs des deux principaux groupes djihadistes du Sahara. Dans une interview La Dpche du Midi paratre ce lundi, le ministre de la Dfense, Jean-Yves Le Drian, appelle la prudence, estimant ne pas tre en mesure de confirmer matriellement ce stade la mort des deux hommes. Le ministre de la Dfense ne parle pas au conditionnel, se justifie-t-il. Une rumeur rpte l'envi ne fait pas une information.

Depuis, le prsident tchadien, Idriss Dby, a prcis que le chef de la branche sahlienne d'al-Qaida avait t tu par ses troupes dans des combats dans le nord du Mali. Et l'tat-major de l'arme tchadienne a annonc samedi avoir mis hors d'tat de nuire Mokhtar Belmokhtar et dtruit sa base dans le massif des Iforas. De son ct, le site mauritanien Sahara Media, connu pour ses relais auprs d'al-Qaida, a confirm la mort d'Abou Zeid dans des accrochages froces qui ont suivi le pige tendu par les forces spciales tchadiennes. En se plaant en retrait, Paris est, pour des raisons comprhensibles, d'une extrme prudence. La France semble vouloir rpondre deux impratifs. Le premier est de ne pas mettre un peu plus en danger la vie des otages. Inutile d'attiser publiquement le dsir de vengeance des geliers des sept Franais. Le second est de garder une porte de sortie ouverte pour la ngociation avec les ravisseurs aprs la disparition des responsables des enlvements.

En revendiquant haut et fort leur part dans l'opration franaise, les Tchadiens sortent aussi de la vision rductrice d'un simple affrontement entre une puissance occidentale, la France, et des partisans du djihad. L'implication tchadienne tend montrer aux yeux de l'opinion publique internationale qu'il s'agit aussi d'une affaire africaine, puisqu'au Mali des musulmans combattent d'autres musulmans qui brandissent le drapeau du prophte. Le risque est que le silence et l'ambigut soient perus en France et l'tranger comme une forme de censure.

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Ligue 1: le PSG et Lyon au ballet des occasions manquées - Le Point

par Chrystel Boulet-Euchin

PARIS (Reuters) - La défaite du Paris Saint-Germain, dont l'Olympique Lyonnais et l'Olympique de Marseille ont plus ou moins profité ce week-end, ajoute à l'intérêt de la Ligue 1 qui, si elle ne garantit rien en termes de jeu, offre au moins encore un peu de suspense.

Bien calé en tête du classement du championnat de France, le PSG restait sur deux nettes victoires sur l'OM, en L1 le week-end dernier et en Coupe de France mercredi, à chaque fois sur le score de 2-0.

Les hommes de Carlo Ancelotti se sont déplacés à Reims samedi avec la ferme intention de prendre le large mais se sont laissés surprendre par les Champenois, pourtant réduits à dix mais déterminés et qui se sont imposés 1-0 sur un but de Grzegorz Krychowiak.

Les Parisiens -qui disputeront mercredi leur huitième de finale retour de la Ligue des champions face à Valence, au parc des Princes- se trouvaient dès lors sous la menace de l'OL, qui avait dimanche la possibilité de revenir à égalité de points avec l'équipe de la capitale.

Face à Brest, l'affaire paraissait largement à la portée des Lyonnais mais les Bretons ne le voyaient pas de cet oeil. Ils ont ouvert le score en tout début de rencontre par Kamel Chafni.

L'OL a cependant relevé la tête et, après maintes occasions manquées, a fini par égaliser d'un but contre son camp de Tripy Makonda.

Le résultat est insuffisant cependant pour rejoindre la tête du classement et laisse les hommes de Rémy Garde sur la deuxième marche du podium à deux longueurs du PSG.

Dans ce contexte, Marseille avait tout à gagner au moment de tenter de récupérer la troisième place prise samedi par Saint-Etienne, écrasant de supériorité face à Nice.

Si les Verts ont souffert de voir sortir sur une civière leur coéquipier Jérémy Clément, victime d'une fracture d'une cheville, opéré dans la nuit et dont la saison est terminée, ils ont tenu dont et l'ont emporté 4-0 sur une équipe niçoise qui visait elle aussi la troisième place.

DES HAUTS, DES BAS, ET UN PODIUM INCHANGÉ

Malmenés par des Troyens sans complexe et qui ont mené au score à la 70e minute, les Marseillais ont marqué deux fois en l'espace d'une minute par Nicolas N'Kourou, puis André-Pierre Gignac (81e et 82e).

Voilà Marseille à cinq longueurs du PSG avec 49 points.

Saint-Etienne est quatrième (47) devant Nice (45) et Montpellier (44), le champion de France en titre, qui a battu Rennes 2-0 vendredi ce qui n'a pas empêché son président Louis Nicollin d'annoncer le départ de son entraîneur René Girard à la fin de la saison.

Lors du dernier match du week-end, Lille a montré son retour en forme en infligeant à Bordeaux sa quatrième défaite consécutive en Ligue 1, et ce alors que les Girondins doivent disputer jeudi un huitième de finale aller de la Ligue Europa sur le terrain du Benfica Lisbonne.

Menant 1-0 juste après la demi-heure de jeu, Bordeaux a ensuite subi les foudres lilloises, le Losc marquant par deux fois pour enregistrer son quatrième succès de rang et prendre la septième place devant Rennes, Lorient et Bordeaux.

Les autres matches de la 27e journée ont vu Nancy aller battre Sochaux 2-1 alors que le derby corse entre Bastia et l'AC Ajaccio a tourné à l'avantage du premier (1-0).

Cette rencontre s'est cependant terminée dans la confusion avec cinq cartons rouges distribués, les deux premiers pour faits de jeu, les trois derniers au terme de la bagarre générale qui a marqué la fin de la rencontre.

Par ailleurs, Lorient et Valenciennes ont fait match nul (1-1) tout comme Toulouse et Evian (0-0).

Edité par Julien Prétot

Marseille: la députée PS Sylvie Andrieux jugée pour détournement ... - Libération

La députée socialiste des Bouches-du-Rhône Sylvie Andrieux comparaît à partir de lundi à Marseille pour détournement de fonds publics au détriment de la Région, l'autre dossier qui, avec l'affaire Guérini, embarrasse le PS dans le département.

Mme Andrieux, ancienne vice-présidente de la région Provence-Alpes-Côte-d'Azur (Paca), députée depuis 1997, est renvoyée devant le tribunal correctionnel pour détournement de fonds publics, à destination d'associations présumées fictives, un délit passible de dix ans de prison et 150.000 euros d'amende.

L'enquête avait été ouverte à la mi-2007 après le signalement par Tracfin, la cellule anti-blanchiment du ministère de l'Économie, de flux financiers suspects entre juin 2005 et janvier 2007 sur les comptes d'associations et sociétés de BTP installées dans les quartiers Nord de Marseille. Elle porte sur le détournement présumé de quelque 740.000 euros de subventions de la Région.

La justice soupçonne Sylvie Andrieux d'avoir, en toute connaissance de cause, présenté au vote du Conseil régional des dossiers de demandes de subventions d'associations fictives, créées avec l'unique objectif de rétribuer des personnes l'ayant aidée à s'implanter et à se faire élire dans certains quartiers, notamment dans le XIVe arrondissement.

En juillet 2010, la députée avait été mise en examen pour complicité de détournement de fonds publics et complicité d'escroquerie. L'élue est finalement poursuivie pour détournement, un chef la désignant comme «auteur principal» présumé, sans mention d'escroquerie.

«Ils n'ont rien trouvé et ils ne trouveront rien !», se défend Mme Andrieux, combative à quelques jours de l'échéance judiciaire. Assise à côté de son conseiller, spécialiste de la communication de crise, la députée répète qu'elle n'avait pas connaissance du caractère fictif des associations, renvoyant la responsabilité sur «des escrocs» qui auraient profité de défaillances de la Région.

«Si le juge avait pu apporter la preuve que Sylvie Andrieux savait que les associations étaient fictives, il l'aurait mise en cause pour complicité d'escroquerie, mais il n'apporte pas de preuve qu'elle savait», complète son conseiller Christophe Reille.

Relais d'influence

Parmi la vingtaine de personnes qui comparaîtront se trouve Roland Balalas, son ancien attaché parlementaire, qui a expliqué au cours de l'instruction que des subventions étaient accordées avec des «visées électoralistes».

Dans cette affaire, le président PS de la Région Paca, Michel Vauzelle, avait été entendu en septembre 2010 comme témoin assisté, mais n'avait pas été mis en cause. La Région s'est constituée partie civile, M. Vauzelle demandant à témoigner au procès, «pour exposer les différents préjudices, financiers mais pas seulement, qu'a subis la région», selon l'avocat du Conseil régional, Gilles Gauer.

Pour Me Gauer, «l'argument de Sylvie Andrieux est bien connu: elle était comme la reine d'Angleterre, elle n'avait pas de délégation de signature. Mais cela ne tient pas la route quand on voit les déclarations des dizaines de témoins entendus».

Devant le juge, en 2010, l'ancien responsable du service chargé de la politique de la ville au conseil régional indiquait que «Mme Andrieux a mis en place un dispositif pour s'occuper elle-même des crédits de la politique régionale de la ville, crédits qu'elle utilisait à son usage quasi-exclusif».

Députée d'une circonscription englobant certaines cités défavorisées du nord de Marseille, Sylvie Andrieux s'est vu retirer l'investiture du PS avant les législatives de 2012 en raison des poursuites judiciaires dont elle fait l'objet, mais a été réélue, de justesse.

Face à l'accusation d'avoir utilisé des subventions pour acheter des relais d'opinion dans les cités, Mme Andrieux rétorque qu'«il y a une stabilité énorme des deux bureaux de vote concernés». «Quand un habitant vient me voir pour une place en crèche ou un emploi, on dit que c'est du clientélisme, parce que ce sont des pauvres ! Quand ça se passe rue de Paradis (une rue élégante de Marseille, ndlr), on dit que c'est un service rendu !», ajoute celle qui aime à se présenter comme une «députée de terrain».

Le procès doit durer jusqu'au 22 mars.

Ligue 1: Paris tombe, Lyon trébuche et Marseille revient - Le Nouvel Observateur

PARIS (AFP) - Le PSG et ses stars se sont inclinés chez le promu Reims (1-0) lors de la 27e journée de Ligue 1, un nouveau faux pas du leader dont n'a su profiter Lyon, neutralisé dimanche à Brest (1-1), au contraire de Marseille, qui a renversé la lanterne rouge Troyes (2-1).

Dimanche soir en clôture, Lille a enchaîné un quatrième succès de rang en Championnat, au détriment de Bordeaux (2-1), et monte à la 7e place, grâce à des buts de Rodelin et Kalou. Les Girondins à l'inverse, qui avaient ouvert la marque par Plasil sur penalty, sont défaits pour la quatrième fois de suite et voient l'Europe s'éloigner, eux qui sont les derniers Français en lice en C3.

Le revers du PSG, le deuxième consécutif en déplacement après celui concédé à Sochaux (3-2), a constitué samedi l'événement du week-end, d'autant que les promus rémois, vainqueurs grâce à Krychowiak (64e), ont joué la dernière demi-heure à dix !

Malgré Ibrahimovic et Beckham, entré en fin de match, c'est la 5e défaite pour les Parisiens, soit autant que leur total de la saison dernière en L1... Pas de quoi dramatiser, selon leur entraîneur Carlo Ancelotti, qui a fustigé la médiocre pelouse et pointé "un problème technique, pas un problème d'attitude".

C'est davantage la communication de Leonardo qui a interpellé. "C'étaient des conditions difficiles, un terrain pas bon, un match basé sur la bagarre, le combat et de temps en temps on n'a pas la clé pour gagner des matches comme ça, a dit le directeur sportif du PSG. On a peut-être une équipe faite pour l'Europe, basée sur le talent, la qualité de passes".

Suffisance ? Il est vrai que quatre des défaites parisiennes sont intervenues avant des matches de Ligue des champions. Le PSG en retrouve les 8e de finale retour dès mercredi contre Valence (2-1 à l'aller). Club dont le défenseur Rami, actuellement blessé, a lancé sous forme de boutade sur Canal+: "Paris, à force de casser des reins, ils se sont fait +reimser+"...

Montpellier revient, Girard partira

La capitale nationale peut néanmoins remercier celle des Gaules: l'OL pouvait revenir à hauteur du leader en cas de victoire à Brest, et reste finalement à deux points. Il fut déjà heureux d'égaliser, par Makonda contre son camp (53e), après l'ouverture du score de Chafni (8e).

Problème de terrain là aussi, avec plus de sable que d'herbe à Francis-Le Blé, "indigne du spectacle qu'on nous demande faire" selon Rémi Garde. "C'est comme si on jouait avec un ballon crevé", a même regretté l'entraîneur rhodanien.

Prochain rendez-vous pour l'OL: la réception de l'OM, qui a eu chaud. Marseille, mené au score par l'Estac à la 70e minute, a arraché la victoire par des buts coup sur coup de Jarjat contre son camp (81e) et Gignac (82e). De quoi assurer l'essentiel après s'être incliné deux fois de suite à Paris, en L1 et en Coupe de France.

L'OM reprend la 3e place que lui avait provisoirement chipée Saint-Etienne samedi (4-0 contre Nice). Il y eut le 15e but d'Aubameyang, mais aussi la spectaculaire fracture de la jambe droite de Clément occasionnée par Eysseric, exclu. "J'aurais préféré perdre le match plutôt que perdre Jérémy", a lâché l'entraîneur stéphanois Christophe Galtier, dépité, à propos du milieu qui sera indisponible entre cinq et six mois.

Montpellier revient bien, avec une 8e victoire consécutive à domicile (2-0 contre Rennes) et son meilleur classement de la saison (6e). Le président Louis Nicollin a officialisé dans L'Equipe de dimanche la fin de l'ère René Girard en juin, qui se dessinait depuis plusieurs mois.

Les champions de France se sont en tout cas extirpés du ventre mou où restent englués Toulouse (0-0 contre Evian), Lorient et Valenciennes (1-1). Et aussi les deux clubs corses. Si Bastia a battu Ajaccio (1-0), l'ACA a battu le SCB aux cartons rouges: 3-2 !

Quant à Nancy, vainqueur à Sochaux (2-1), il bouge encore.

Résultats de la 27e journée du Championnat de France de football:

vendredi

Montpellier - Rennes 2 - 0

samedi

Reims - PSG 1 - 0

Bastia - Ajaccio 1 - 0

Saint-Etienne - Nice 4 - 0

Toulouse - Evian/Thonon 0 - 0

Sochaux - Nancy 1 - 2

Lorient - Valenciennes 1 - 1

dimanche

Brest - Lyon 1 - 1

Marseille - Troyes 2 - 1

Lille - Bordeaux 2 - 1

NDLR : Ajaccio a été pénalisé de 2 points (plus 1 avec sursis) en raison des incidents survenus à la fin du match contre Lyon, le 13 mai dernier.

Paris craint le décès d'otages français - Le Point

Les autorités françaises ne confirment ni la mort d'Abou Zeid, ni celle de Mokhtar Belmokhtar, deux chefs d'Aqmi que le Tchad affirme avoir tués, et persistent dans leur attitude d'extrême discrétion autour des opérations en cours au Mali. Aucun journaliste n'accompagne les troupes engagées dans l'Adrar des Ifoghas, ce massif montagneux aride situé au nord-est du Mali, à la frontière avec l'Algérie. Pourquoi ?

Comment s'explique la silencieuse prudence de Paris ?

Concernant les décès des djihadistes Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar, de même que les conditions précises dans lesquelles se sont déroulés la semaine dernière les combats conduits par les Tchadiens, les Français font preuve d'une exemplaire discrétion. L'armée nationale tchadienne (ANT) est constituée pour l'essentiel de membres de l'ethnie Zaghawa - à laquelle appartient Idriss Déby, le président du Tchad -, et ses soldats passent pour être des combattants courageux et efficaces, mais ne s'embarrassant pas des détails. La vraie crainte à Paris, c'est que des otages français aient été victimes des combats. L'hypothèse n'est pas exclue qu'ils aient été tués par des feux "amis", plutôt que par leurs geôliers, pour lesquels ils constituent une précieuse monnaie d'échange. On semble exclure à Paris, à ce stade, qu'ils aient pu être victimes de frappes aériennes françaises.

Mais s'agissant des forces tchadiennes, on répète, comme sur l'ensemble de leurs actions, "ne rien savoir". Une source affirme : "Les combats se poursuivent dans la zone, on n'est pas capables pour le moment de tirer des bilans." Selon nos informations, les autorités françaises seraient sur le point de demander des éléments d'ADN aux proches des otages français. Une source généralement bien informée nous a confié : "C'est vrai, mais nous le faisons au cas où." La mesure, à tout le moins, n'augure rien de bon... De son côté, la cellule de crise du Quai d'Orsay dément catégoriquement avoir demandé ces éléments d'ADN.

Dans quelles conditions la mort d'Abou Zeid se serait-elle produite ?

Les Tchadiens affirment avoir tué les deux principaux chefs terroristes présents au Mali. Selon le président tchadien, Idriss Déby, qui a fait cette déclaration le 1er mars, Abou Zeid aurait été "abattu" par ses troupes, sans doute le 22 ou le 23 février. Mais il n'apporte pas la moindre preuve permettant d'étayer ses déclarations. D'autres sources évoquent la mort d'Abou Zeid dans une frappe aérienne française, les deux n'étant pas incompatibles. De source autorisée française, on ne confirme toutefois pas que des frappes aériennes se seraient produites aux dates indiquées sur une concentration djihadiste dont aurait pu faire partie Abou Zeid. En revanche, Paris ne dément pas des frappes "stratégiques", le 24 février, contre une base du Mouvement arabe de l'Azawad (MAA), non loin de la localité d'Infara, à 30 kilomètres de la frontière algérienne. Ce groupe était alors engagé contre le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), qui soutient désormais les forces françaises après avoir été à l'origine de la sécession du Nord-Mali.

Concernant l'éventuel décès d'Abou Zeid, on peut relever que les dates indiquées sont compatibles avec celles des combats qui ont fait 26 morts et 66 blessés tchadiens, actuellement soignés à l'hôpital de Niamey et à Paris, ainsi que 93 tués parmi les djihadistes. Curieusement, les forces tchadiennes ne font état ni de blessés, ni de prisonniers parmi les djihadistes. Ce bilan invérifiable est celui que donnent les Tchadiens. Les militaires français, qui disposent d'un détachement de liaison auprès des FATIM (Forces armées tchadiennes d'intervention au Mali, NDLR), de même que le ministère de la Défense, que nous avons interrogés le 2 mars en fin de soirée, affirmaient alors qu'ils ne possédaient "pas d'éléments" et qu'ils n'avaient pas eu accès à la zone des combats dans lesquels Abou Zeid aurait été tué.

Que sait-on de la mort éventuelle de Mokhtar Belmokhtar ?

De source tchadienne, Mokhtar Belmokhtar "le borgne" aurait pour sa part été tué le 2 mars vers midi, un communiqué de N'Djamena précisant : "Les forces tchadiennes au Mali ont détruit totalement la principale base des djihadistes dans le massif de l'Adrar des Ifoghas, plus précisément dans la vallée d'Ametetai." À ce stade, la mort de Mokhtar Belmokhtar n'est pas encore confirmée par une autre capitale concernée par cette guerre. Ni Paris, ni Alger, ni Bamako, ni Washington ne font la moindre déclaration. Les forces engagées ne sont accompagnées par aucun journaliste qui aurait pu apporter une confirmation directe, et personne n'a rendu publiques les conditions précises de ces décès. De surcroît, les djihadistes ne communiquent pratiquement plus par téléphone ou par radio, et les écoutes ne permettent pas de tirer de conclusion. Ils n'ont pas non plus confirmé ces morts.