Les hauts magistrats pourraient décider de demander aux Sages du Conseil constitutionnel de se prononcer sur la légitimité, au regard de la Constitution française, du procès fait à l'ex-patron du subversif Love Shop.
Cela ne changera rien à l'avenir de la boutique, fermée depuis plusieurs mois et récemment cédée, en pleins travaux, pour devenir un convenable magasin de chaussures. En revanche c'est une petite « victoire de principe » que savoure l'avocat de l'ex-propriétaire des lieux, Me Richard Malka, qui avait fait appel de la condamnation à l'euro symbolique infligée à son client.
« Cette loi de 2007 est contraire au principe de liberté du commerce et de l'industrie », défend-il à nouveau, en rappelant que ni les paroissiens de Saint-Merri ni les parents d'élèves de l'école voisine n'ont jamais joint leurs voix aux plaintes des deux associations.
Quant à qualifier l'enseigne de « sex-shop » plutôt que de commerce « d'objets érotiques », c'est une affaire de nuances sur laquelle les riverains de ce quartier de Beaubourg se montrent beaucoup plus souples que les plaignants et leur avocat, Me Henri de Beauregard. Pour ces derniers, les godemichets et autres accessoires exposés en vitrines étaient assurément « pornographiques ». Pour les autres, « sortir de la messe et tomber le nez sur une vitrine de mannequins en tenues coquines, c'était sans doute déroutant mais il n'y avait rien de si choquant », comme l'estime par exemple le patron d'une bijouterie voisine.
« Ce n'est pas nous qui avons saisi la justice, d'ailleurs nous avons découvert cette affaire quand la décision de justice a été affichée sur la boutique », raconte une responsable de la paroisse Saint-Merri. « Une telle boutique en face de notre église, c'était un peu dérangeant, mais il y en a d'autres, et même une à 30 m d'ici, alors attaquer… »
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