Publié le 08.12.2012, 12h46
Décrypter les secrets des 25.000 gènes qui composent l'être humain: c'est le pari ambitieux du centre d'immunophénomique (Ciphe), qui ouvrira à Marseille en février.
Né il y a cinq ans dans le cerveau de l'immunologiste Bernard Malissen, le Ciphe réunira 40 ingénieurs et techniciens qui se pencheront au cas par cas sur les milliers de gènes du génome humain. Jusqu'ici seul un centre de ce type existait dans le monde, à Singapour.
Objectif de ce vaste projet: isoler chacun des 25.000 gènes humains, grâce à des souris, modifiées afin qu'il leur en manque un. Elles seront ensuite exposées à des agents pathogènes, comme la tuberculose ou la peste, afin de déterminer le rôle de ce gène manquant face à ces agents.
"C'est comme une voiture: si on enlève une pièce et qu'on continue à rouler, on voit bien à quoi sert cette pièce. Pour certaines on voit tout de suite si elles sont importantes, mais pour d'autres, comme la roue de secours, il faut attendre plus longtemps pour voir à quoi elles servent", explique M. Malissen.
Ce chercheur qui a rejoint le centre d'immunologie de Marseille à la fin des années 70 réalise avec le Ciphe, inauguré officiellement vendredi dernier, le rêve de sa carrière.
Et ce, "dans une période économique tendue", reconnaît-il. "A vrai dire, je ne pensais pas pouvoir réaliser cette idée en France", avoue le chercheur. "La première fois que j'ai eu l'idée, je m'en souviens très bien, j'étais en Australie, j'ai pensé le faire à Singapour".
C'est finalement Marseille qui accueille ce centre de recherche.
Ce n'est pas un hasard si la cité phocéenne a été choisie: le centre s'insère dans une chaîne composée du centre d'immunologie de Marseille Luminy, du Centre de recherche sur le cancer et de l'Institut de biologie du développement de Marseille Luminy.
Trois pôles qui utiliseront les résultats des recherches du Ciphe. Pour la cancérologie, par exemple, le décryptage génique pourra permettre d'étudier s'il existe des gènes de prédisposition à certaines tumeurs.
Ce centre, "c'est le chaînon manquant entre la recherche et le lit du malade", explique Dominique Nobile, le délégué régional de L'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale).
"Notre obsession, c'est d'aller vers la clinique et l'industrie", explique M. Nobile, qui porte le projet aux côtés de Bernard Malissen depuis le début.
Le Ciphe bénéficiera ainsi par exemple de retombées économiques fondées notamment sur les droits de propriété intellectuelle de chaque typage de gène utilisé par l'industrie pharmaceutique.
Un premier bilan clinique est attendu dès 2015, avec comme but la publication sur internet des résultats de 5.000 gènes.
La construction des locaux flambant neufs du Ciphe, construit sur le site du Parc technologique et scientifique de Marseille-Luminy, aura coûté en tout 16 millions d'euros.
La haute technicité des installations explique le coût du projet : pour des raisons de sécurité, il a par exemple fallu mettre en place un système d'aération complexe, qui assure la sécurité des salles où les virus seront inoculés.
Différents acteurs ont participé au financement, dont la ville de Marseille, l'Inserm, le Conseil régional, le Conseil général, l'Académie d'Aix-Marseille et lÉtat.
Une dépense conséquente, mais qui permet de faire entrer Marseille "dans la cour des grands", se félicite le vice-président du Conseil scientifique de l'Université Aix-Marseille, Denis Bertin. Qui voit dans ce centre une concrétisation de "l'excellence scientifique" de la région.
Né il y a cinq ans dans le cerveau de l'immunologiste Bernard Malissen, le Ciphe réunira 40 ingénieurs et techniciens qui se pencheront au cas par cas sur les milliers de gènes du génome humain. Jusqu'ici seul un centre de ce type existait dans le monde, à Singapour.
Objectif de ce vaste projet: isoler chacun des 25.000 gènes humains, grâce à des souris, modifiées afin qu'il leur en manque un. Elles seront ensuite exposées à des agents pathogènes, comme la tuberculose ou la peste, afin de déterminer le rôle de ce gène manquant face à ces agents.
"C'est comme une voiture: si on enlève une pièce et qu'on continue à rouler, on voit bien à quoi sert cette pièce. Pour certaines on voit tout de suite si elles sont importantes, mais pour d'autres, comme la roue de secours, il faut attendre plus longtemps pour voir à quoi elles servent", explique M. Malissen.
Ce chercheur qui a rejoint le centre d'immunologie de Marseille à la fin des années 70 réalise avec le Ciphe, inauguré officiellement vendredi dernier, le rêve de sa carrière.
Et ce, "dans une période économique tendue", reconnaît-il. "A vrai dire, je ne pensais pas pouvoir réaliser cette idée en France", avoue le chercheur. "La première fois que j'ai eu l'idée, je m'en souviens très bien, j'étais en Australie, j'ai pensé le faire à Singapour".
C'est finalement Marseille qui accueille ce centre de recherche.
Ce n'est pas un hasard si la cité phocéenne a été choisie: le centre s'insère dans une chaîne composée du centre d'immunologie de Marseille Luminy, du Centre de recherche sur le cancer et de l'Institut de biologie du développement de Marseille Luminy.
Trois pôles qui utiliseront les résultats des recherches du Ciphe. Pour la cancérologie, par exemple, le décryptage génique pourra permettre d'étudier s'il existe des gènes de prédisposition à certaines tumeurs.
Ce centre, "c'est le chaînon manquant entre la recherche et le lit du malade", explique Dominique Nobile, le délégué régional de L'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale).
"Notre obsession, c'est d'aller vers la clinique et l'industrie", explique M. Nobile, qui porte le projet aux côtés de Bernard Malissen depuis le début.
Le Ciphe bénéficiera ainsi par exemple de retombées économiques fondées notamment sur les droits de propriété intellectuelle de chaque typage de gène utilisé par l'industrie pharmaceutique.
Un premier bilan clinique est attendu dès 2015, avec comme but la publication sur internet des résultats de 5.000 gènes.
La construction des locaux flambant neufs du Ciphe, construit sur le site du Parc technologique et scientifique de Marseille-Luminy, aura coûté en tout 16 millions d'euros.
La haute technicité des installations explique le coût du projet : pour des raisons de sécurité, il a par exemple fallu mettre en place un système d'aération complexe, qui assure la sécurité des salles où les virus seront inoculés.
Différents acteurs ont participé au financement, dont la ville de Marseille, l'Inserm, le Conseil régional, le Conseil général, l'Académie d'Aix-Marseille et lÉtat.
Une dépense conséquente, mais qui permet de faire entrer Marseille "dans la cour des grands", se félicite le vice-président du Conseil scientifique de l'Université Aix-Marseille, Denis Bertin. Qui voit dans ce centre une concrétisation de "l'excellence scientifique" de la région.

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