Les investisseurs ont salu l'accord sur la refonte de l'actionnariat, annonc mercredi soir, et l'action EADS s'envolait jeudi la Bourse de Paris.
"C'est tout simplement une nouvelle naissance du groupe, qui va pouvoir crotre et se dvelopper" sans que les Etats aient un droit de veto sur ses dcisions, a dclar le directeur de la stratgie du groupe, le franais Marwan Lahoud.
"L'influence des Etats est plus rduite qu'auparavant", confirme-t-on de source proche du ministre allemand de l'Economie, en s'en flicitant.
D'aprs un conseil d'EADS, le conseil d'administration s'tait oppos plusieurs projets stratgiques d'acquisition avant mme l'chec en octobre du projet de fusion avec le fabricant d'armes britannique BAE Systems qui en aurait fait un groupe plus puissant que Boeing.
L'accord sign entre les fondateurs d'EADS --France, Allemagne, Espagne et les industriels allemand Daimler et franais Lagardre-- met fin au pacte d'actionnaires qui leur permettait de contrler la gouvernance du groupe avec 51% du capital. Les Etats n'auront plus que 28% des droits de vote: 12% chacun pour l'Allemagne et la France, 4% pour l'Espagne.
Il permet aussi Lagardre et Daimler de se retirer du capital comme ils le souhaitaient. Pour compenser l'arrive de leurs actions sur le march, EADS a dcid de racheter et d'annuler des titres jusqu' 15% du capital, soit plus de 3 milliards d'euros.
Le constructeur automobile allemand Daimler a annonc avoir cd ds jeudi la moiti de sa participation, soit 7,5% du capital d'EADS, empochant environ 1,66 milliard d'euros.
L'opration de rachat de titres est coteuse, a reconnu M. Lahoud, "mais nous en avons les moyens. Cet argent est un investissement dans notre avenir" parce que le groupe en retirera "une souplesse supplmentaire".
Pas de droit de veto des Etats
D'aprs EADS, les Etats n'auront plus de droit de veto sur la stratgie. Mais un groupe qui fabrique des missiles nuclaires, des satellites, des avions et des hlicoptres de combat n'est pas une entreprise comme les autres, concde M. Lahoud. "Les Etats, a-t-il assur, auront toujours quelque chose dire parce que nous sommes des industries stratgiques pour leur scurit".
Dans une confrence tlphonique mercredi soir, le patron d'EADS, l'Allemand Tom Enders avait insist sur le fait que les Etats ne pourraient plus dsigner d'administrateurs.
Sur les 12 membres du futur conseil d'administration, quatre reprsenteront "les socits nationales de dfense" o la France et l'Allemagne auront scuris leurs intrts stratgiques (comme la force de dissuasion nuclaire franaise). Mais mme ces administrateurs-l seront proposs par le groupe, sous rserve de l'agrment des Etats, au lieu d'tre dsigns par les Etats, a-t-il expliqu.
En fait, "quand l'Etat exprimera le souhait que ce soit X ou Y, il n'y a aucune raison que du ct du conseil d'administration il y ait le moindre problme", estime-t-on au ministre franais de l'Economie.
Reste voir quelle autonomie les Etats accorderont rellement au groupe. L'Allemagne ne sigeait pas au conseil d'administration quand elle s'est oppose la fusion avec BAE Systems.
"Plus une opration touche aux secteurs sensibles plus le rle des Etats --de manire directe et indirecte-- et leurs droits seront importants", souligne-t-on de source proche du ministre franais de l'Economie, Pierre Moscovici. Pour la mme source, il est "difficile d'imaginer" que le groupe se passe de "l'assentiment des trois Etats qui dtiennent prs de 30% du capital".
En fait, chaque partie a sa lecture de l'accord finalis mercredi.
Paris a ainsi affirm que l'accord confirmait Toulouse comme sige oprationnel du groupe, alors que l'Allemagne avait critiqu ce choix de Tom Enders. M. Lahoud a prcis que l'accord ne mentionnait pas les siges.
"Le sige oprationnel est Toulouse, le dplacer est une dcision qui revient au conseil d'administration", a-t-il expliqu.
Il y a bien eu un accord entre la France, l'Allemagne et EADS pour clarifier la question du sige, assure-t-on en revanche au ministre de l'Economie.
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