jeudi 13 décembre 2012

Washington et Paris peinent à s'accorder sur la Syrie - Le Figaro

Envoy spcial Marrakech

Les Amricains ne nous aident pas beaucoup:ainsi rsume-t-on, du ct franais, avec un euphmisme tout diplomatique, les frictions et les rivalits qui maillent le dossier syrien. Ces tiraillements taient aussi en toile de fond la runion de Marrakech mercredi la laquelle participaient Laurent Fabius et le secrtaire d'tat adjoint amricain, William Burns. Certes, dans la dlgation franaise, on se flicite que Washington considre dsormais la Coalition nationale syrienne comme le reprsentant lgitime du peuple syrien. Pour mieux souligner que c'est la France qui a montr la direction sur la voie de cette reconnaissance officielle, un mois plus tt, le 13 novembre. Les Amricains ont fait des choses… avec retard, lche un diplomate franais en faisant la moue.

Dernier accroc en date, la runion des ministres des Affaires trangres de l'Otan, le 4 dcembre Bruxelles. Dans l'entourage de Laurent Fabius, on juge maladroit (traduire: inacceptable) que le secrtaire gnral de l'Alliance, Anders Fogh Rassmussen, ait abruptement questionn les participants sur une intervention visant neutraliser les armes chimiques dont dispose le rgime de Bachar el-Assad. Un ventuel engagement de l'Otan en terre arabe est jug totalement inopportun Paris. On n'est pas loin non plus de souponner Washington d'avoir voulu - dix ans aprs l'Irak, de fatale mmoire - brandir l'pouvantail des armes de destruction massive.

Sur cette question ultrasensible, le partage du renseignement semble tout sauf transparent d'une rive l'autre de l'Atlantique. Dimanche, Laurent Fabius avait indiqu que les informations faisant tat d'un possible recours aux armes chimiques, si elles taient prendre au srieux, n'avaient pas t expressment confirmes. En clair, si l'utilisation des armes chimiques peut tre considre comme une ligne rouge, elle ne doit pas servir de chiffon rouge… Des runions ont lieu cette semaine pour amliorer le partage des renseignements, indique-t-on ct franais.

Nuances significatives

Sur les risques de drives djihadistes en Syrie, que chacun redoute, les nuances sont significatives. En inscrivant mardi le mouvement islamiste radical al-Nosra sur la liste antiterroriste amricaine, Barack Obama a clairement enjoint la Coalition nationale syrienne de faire le mnage dans ses rangs. Cette question a fait dbat, nous allons examiner la faon de l'approfondir, a prudemment ragi Laurent Fabius. Dans son entourage, on carte une inscription a priori du Front al-Nosra sur la liste antiterroriste de l'Union europenne, sans l'exclure dfinitivement compte tenu de l'affiliation notoire de ce groupe al-Qaida en Irak. La proccupation islamiste, constante chez les Amricains, est bien prsente ct franais, mais elle s'exprime davantage entre les lignes.

Le dpart prochain d'Hillary Clinton - qui sera regrette au Quai d'Orsay - introduit aussi un certain flottement qui n'arrange pas les choses. l'ONU, sur la Palestine, le vote oppos de Paris et Washington tait largement attendu. En revanche, en retoquant le projet de rsolution sur le Mali soutenu par la France, les tats-Unis ont jet un froid. Un blocage que Laurent Fabius minimise en affirmant que les Amricains campent seuls sur cette position.

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