lundi 5 novembre 2012

Paris-Bercy: Forget pense déjà à demain - Sports.fr

En préambule de la finale du Masters 1000 de Paris-Bercy entre Jerzy Janowicz et David Ferrer, Guy Forget, le nouveau directeur du tournoi, est revenu sur cette semaine riche en surprises et en émotions. Le vainqueur de l'édition 1991 a encore du pain sur la planche. En cause, notamment, le problème du calendrier qui a beaucoup fait cogiter le POPB cette semaine.

Pour sa première en tant que directeur du Masters 1000 de Paris-Bercy, Guy Forget n'a pas été épargné. La moitié du Big Four (Federer et Nadal) à l'infirmerie, l'autre (Djokovic et Murray) qui déserte en milieu de semaine, et pour la première fois depuis cinq ans, une finale sans joueur français. "J'ai tendance à voir la bouteille à moitié pleine, préfère pourtant retenir le vainqueur de l'édition 1991. J'ai vu des matches exceptionnels. J'ai vu, pour certains, de belles histoires qui étaient en train de s'écrire. L'avenir nous dira si on est en train d'assister à quelque chose de fabuleux. Il y a aussi des choses qui nous amènent à réfléchir sur l'avenir du tournoi." L'affiche de la finale, Janowicz-Ferrer, n'était sans doute pas celle dont il avait rêvée. Mais Forget ne s'arrête pas aux pedigrees des joueurs. "La première fois que Kuerten est arrivé en finale à Roland Garros, il avait sa chemise jaune et bleu, son bandeau, sa tête ébouriffée, il faisait des techniques particulières, tout le monde se disait: 'C'est quoi ce Brésilien ?' Il y a eu, tout au long de l'histoire, des choses étonnantes. Janowicz m'a bluffé", souffle le boss du tournoi.

Il n'empêche, le combat ne fait que commencer pour Forget, qui va devoir se battre pour protéger un tournoi en souffrance. "On peut parler du forfait de certains qui étaient blessés, tant pis pour eux, les absents ont toujours tort. J'ai envie de penser que ce n'est pas anodin ce qui se passe là." Ce qui se passe, c'est évidemment le rapprochement entre Bercy et le Masters, et la suppression de la semaine de coupure entre les deux grands tournois de fin de saison, qui a clairement influé sur les forces en présence à Paris cette semaine. "On a eu un peu de malchance, on ne va pas le nier. Pour autant, je vais à Londres la semaine prochaine pour continuer de discuter avec les dirigeants de l'ATP, les joueurs aussi. Les joueurs ont souhaité avancer le Masters pour avoir une fin de saison plus longue et pour parler de l'avenir. Je sais que certains sont conscients que ce qui s'est passé cette année, ce n'est pas ce qu'ils avaient imaginé, même au niveau des joueurs. Je sais que Brad Drewett et les dirigeants de l'ATP en sont aussi conscients. Il faut préparer l'avenir."

Février, les "terriens" sont contre

Et l'avenir, il se décide bientôt. Même si Forget lui-même ne sait pas encore quand l'ATP dévoilera le calendrier des prochaines saisons. "Je pensais que ce serait annoncé maintenant. Cela n'a pas été le cas. Je suis comme vous (les journalistes, ndlr). Je ne suis pas dans le secret des dieux. J'entends des rumeurs et elles arrivent à vos oreilles pas forcément bien plus tard. Vous avez eu, comme moi, des échos selon lesquels ils allaient essayer de gagner du temps. Si tel était le cas, en priorité, je vais essayer de tout faire pour que l'on puisse récupérer cette semaine. Surtout, et je le répète, certains joueurs se sont rendu compte aujourd'hui que cela pouvait prêter, à un moment donné, à confusion, ces résultats ici dans ce tournoi." Seules deux options trouvent grâce aux yeux de Forget. Le retour de la semaine de coupure, ou le déplacement de Bercy en février. Cela créerait une grande saison indoor autour de Rotterdam, Marseille et Montpellier, mais cela impliquerait de déplacer la tournée américaine de terre battue en fin de saison. Or, les "terriens" ne veulent pas en entendre parler. "Et ce n'est pas à moi de les convaincre", peste Forget.

La réforme du calendrier est le serpent de mer de l'ATP. Un chantier délicat à mettre un œuvre. "Cela doit se faire de manière intelligente pour que, avant tout, le tennis soit préservé, explique Forget. Les joueurs de terre, le mec qui est 100e à l'ATP, le numéro 1 mondial, tous ces joueurs ont des intérêts divergents. Les dirigeants de l'ATP doivent s'assurer aujourd'hui qu'ils font les bons choix pour le tennis dans les cinq à dix prochaines années." Préoccupé pour son tournoi, l'ancien capitaine de l'équipe de France espère que celui-ci trouvera sa place. Et même si un déplacement de l'épreuve en février pourrait se heurter au projet de rénovation du POPB, cela n'effraie pas Forget. "J'aimerais avoir ce problème. Certes, ce serait ennuyeux. On travaillerait d'arrache-pied avec la Mairie de Paris et le palais omnisports de Paris pour voir comment placer les travaux. On essaierait de trouver des solutions. Ce serait une bonne alternative. S'il fallait envisager une année quitter ce palais des sports pour aller ailleurs, on le ferait. Je pense que le jeu en vaut la chandelle. Peut-être que dans un mois, on en saura plus."

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