Dans son rapport, le contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), sur la base d'un constat dressé par une vingtaine de contrôleurs qui ont visité la prison du 8 au 19 octobre, a fait état d'«une violation grave des droits fondamentaux» des détenus et des personnes qui travaillent aux Baumettes.
L'urgence de répondre à l'insalubrité
Dans un communiqué, l'OIP souligne que «la situation de la prison des Baumettes mérite une autre réaction politique que des justifications», faisant référence aux réponses apportées par la Garde des Sceaux, Christiane Taubira, au rapport Delarue qui pointait notamment l'insalubrité et le manque d'hygiène subis par les détenus.
L'Observatoire, fondé en 1990 et basé à Lyon (Rhône), estime que la ministre ne fait que «(ré-annoncer) le projet de restructuration du centre pénitentiaire, dont l'achèvement n'est prévu qu'en 2017». «Il ne peut être toléré que des personnes restent incarcérées pendant encore cinq ans dans de telles conditions», affirme l'OIP.
Les mesures annoncées seraient insuffisantes
Les préconisations de la ministre de la Justice, Christiane Taubira, de désengorger les prisons par un développement des alternatives à l'incarcération et des mesures d'aménagement de peine «apparaissent d'emblée comme insuffisantes d'autant qu'elles ne s'accompagnent pas d'une augmentation des moyens dévolus à la prise en charge des personnes condamnées en milieu ouvert»,estime l'association.
L'OIP, revenant enfin sur la demande faite par Mme Taubira aux parquets d'Aix et de Marseille d'être plus fermes face aux phénomènes de violence et de caïdat au sein des Baumettes, souligne que ce «renforcement de la répression en détention ne fait qu'agir sur des symptômes et non sur les causes.»
Dans sa réponse publiée au Journal officiel (en Pdf), la Garde des Sceaux a reconnu que des travaux de reconstruction devant démarrer en 2013 répondront «aux problèmes de vétusté constatés» mais «n'augmenteront pas la capacité d'accueil de l'établissement».
«Nous avons décidé de procéder à un vaste programme de rénovation pour plus de 800 millions d'euros», qui va concerner les Baumettes, Fleury-Mérogis (Essonne) et la prison de la Santé à Paris, a ensuite rappelé la ministre sur France 2.
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