« Le lieu de fauche absolue, décrypte Céline Carlen, c'est la parfumerie et le rayon Lafayette homme au 2e étage. A cause de son rayon mode grandes marques et de son escalator qui communique avec le RER. »
La syndicaliste estime que ce pic de vols est lié à la baisse d'effectifs de la « spéciale » (police interne aux Galeries Lafayette qui tourne en civil) décidée par la direction. « On n'est pas assez », confirme un agent de sécurité sous couvert d'anonymat, même s'il y a les vigiles qui se greffent sur les gros événements. « Avec les hordes de clients qui débarquent à l'ouverture, difficile de surveiller » Au Printemps, un autre agent de sécurité lâche : « Quand vous avez des voleurs qui prennent leurs jambes à leur cou avec la marchandise volée sous le bras, on laisse souvent tomber. Nous ne sommes pas censés sortir du magasin. Et ils filent jusqu'à la gare Saint-Lazare. » Ici, on affirme aussi que des vigiles ont été « menacés physiquement, dont l'un avec un Taser ».
Reste que les soldes n'attirent pas que des cleptomanes, fashion victims fauché(e)s et autres compulsifs, mais aussi son lot de pickpockets. Les services de sécurité ont de plus en plus affaire à des professionnels, dont des jeunes Roumaines qui traînent boulevard Haussmann « et que l'on croise parfois dans les réserves », raconte une vendeuse.
« Là où les clientes se font voler leurs sacs à main, c'est au rayon chaussures, précise Céline Carlen. Elles posent leur sac par terre pour essayer une paire d'escarpins et les admirer dans le miroir. » Les pick pockets guettent leurs proies et ciblent aussi les poussettes sur lesquelles les jeunes mamans posent leur sac. Mais le plus beau coup qui figure dans les annales des Galeries Lafayette remonte à un an et demi. « On a eu une princesse saoudienne venue faire son shopping à Paris. Elle s'est fait dérober 90000 en liquide dans son sac à main! »
Du côté de la direction des deux grands magasins, le sujet embarrasse. « Ce n'est pas tabou, se défend le service communication des Galeries Lafayette. Mais nous ne souhaitons pas nous exprimer sur le sujet »
Au Printemps, on estime que « donner des chiffres sur ces vols, c'est mettre le doigt dans l'engrenage ».
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