LYON, ON GARDE LES MÊMES
Ce lundi, l'Olympique Lyonnais est leader du Championnat de France avec deux longueurs d'avance sur le Paris Saint-Germain et trois sur l'Olympique de Marseille qui, pour des raisons qui leur sont propres, ont manqué leur envol en 2012. On peut faire dire ce que l'on veut aux chiffres mais ceux-ci ont parfois le mérite d'être implacables : à dix-huit journées du baisser de rideau, le club rhodanien est le mieux placé pour succéder à Montpellier, même si la ligne d'arrivée est encore loin et qu'il va falloir du souffle aux hommes de Rémi Garde pour contenir le PSG, indéfiniment favori naturel du championnat.
On a surtout envie de dire qu'il va falloir à l'OL des ressources humaines conséquentes pour résister à la vague francilienne qui reviendra déferler à un moment ou à un autre sur les bords du Rhône. Et si l'on devait passer un message à Jean-Michel Aulas, il serait le suivant : "Ne vendez personne !" La logique économique est ce qu'elle est, le cur et la raison ne font pas (toujours) bon ménage. Rien de neuf. Mais jusqu'au mois de mai, on aimerait que le sportif prenne le pas sur la finance. Et que ce mercato hivernal, dont la logique m'échappera toujours, soit mis entre parenthèses. Pour l'OL. Pour le championnat aussi.
Le jeu en vaut la chandelle, non ? Quotidiennement ou presque, les noms de Gomis, Lisandro, en passant par Gourcuff et Bastos, reviennent avec insistance sur le front des transferts. Et JMA, en gestionnaire averti, ne fait rien pour éteindre les rumeurs. Oui, Lyon est vendeur. Enfin, l'état-major... Parce que Rémi Garde, lui, garderait bien tout ce petit monde sous son aile. Entre Lisandro et Gomis, le coach rhodanien a choisi : il prend les deux. Lyon n'a jamais été aussi proche de se réinstaller dans un cercle ultra-vertueux dont les fruits récoltés ne seraient pas seulement sportifs, mais aussi économiques. Jean-Michel Aulas ne peut y être insensible.
LE MEILLEUR RÔLE D'ANTONETTI
Frédéric Antonetti a démarré 2013 en offrant à la presse et au public un spectacle que son équipe n'était pas parvenue à donner sur le terrain face à Bordeaux (0-2). En conférence de presse, le technicien corse s'est enflammé comme il le fait à peu près une fois tous les six mois. Le manque de moyens de Rennes, l'impossibilité de passer un cap : la rengaine est connue. Mais comme un bon vieux classique du cinéma, on ne se lasse pas de revoir l'entraîneur dans son meilleur rôle. Ajoutez à cela que, cette fois, Antonetti a varié son texte et son interprétation en ajoutant un volet "football français à la dérive économiquement", se basant sur l'intérêt de QPR et la possibilité de voir Yann M'Vila partir chez le dernier de Premier League cet hiver. Il s'en est ému et on a plongé, convaincus. Et pour cause, si on a parfois du mal à le suivre sur le constat lancinant qu'il fait sur le Stade Rennais, on ne peut qu'être d'accord avec lui sur l'état du football français.
AJACCIO, OUH LES VILAINS
PSG Ajaccio n'a pas été un sommet de jeu, vendredi soir au Parc des Princes (0-0). A cause du Paris Saint-Germain, qui est resté dans les starts pour sa première en championnat en 2013. A cause d'Ajaccio, aussi. Parce que le club corse, même à onze contre dix durant quarante-cinq bonnes minutes, est resté sur son but et n'a pas daigné jouer avec le feu. Après la rencontre, pas mal de personnes sur les réseaux sociaux sont tombées à bras raccourcis sur l'ACA, coupable d'avoir préféré un point au panache. Et alors ? Quinzième du championnat et à la lutte pour un maintien loin d'être acquis, le club corse est reparti du Parc avec ce qu'il espérait en y arrivant : un résultat positif. En jouant, ç'aurait pu être mieux. Ç'aurait aussi pu être pire et, là, Albert Emon et ses joueurs auraient eu l'air malins. Doit-on en vouloir à Ajaccio ? Le football est avant tout un sport. Pas un spectacle. Et quand on traîne derrière en Ligue 1, on ne l'oublie pas.
LES LARMES D'ANDRE LUIZ
D'ici mai et une descente quasiment actée, Nancy n'aura sans doute pas beaucoup de raisons de se réjouir. Samedi, l'ASNL a néanmoins vécu un moment que peu de spectateurs présents à Marcel-Picot oublieront de sitôt. C'était l'image du week-end et même un peu plus que cela. Face à Lille, André Luiz jouait son dernier match sous les couleurs du club. Il a quitté sa maison, celle qu'il fréquentait depuis 2005, en larmes. De vraies larmes. Pas comme au cinéma. Le club nancéien a pris la peine de lui offrir une sortie durant les arrêts de jeu, alors que le score était nul (2-2). Une minute de perdue dans la course au maintien. Une minute dont l'ASNL ressort grandie. Le football aussi. Un peu. On tape suffisamment sur les footballeurs pour ne pas se réjouir d'être témoin de tels instants.
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