MARSEILLE (Sipa) Patrick Salameh, 54 ans, le tueur en série présumé de Marseille, a été renvoyé cette semaine devant la cour d'assises des Bouches-du-Rhône, pour la disparition de trois prostituées en octobre et novembre 2008, a-t-on appris samedi auprès de ses avocats, Mes Jean-Jacques Campana et Luc Febbraro.
La juge d'instruction Isabelle Couderc a retenu à son encontre les faits de "séquestration, enlèvement et viol suivis de mort" qui lui font encourir la réclusion criminelle à perpétuité.
Patrick Salameh se voit reprocher la disparition de trois prostituées algérienne, ukrainienne et roumaine à l'automne 2008, ainsi que le viol d'une quatrième fille, de nationalité marocaine. "Elle est ensuite devenue son principal témoin à charge", a expliqué samedi Me Jean-Jacques Campana. La jeune femme, la seule qui aurait survécu, avait notamment raconté que son agresseur lui avait montré le cadavre d'une fille décédée dans sa baignoire, afin de l'inciter vivement à se taire.
"Nous avons fait appel de cette ordonnance de renvoi devant la cour d'assises et nous soutiendrons la thèse du non-lieu devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence", a insisté l'avocat. L'affaire ne devrait toutefois pas être évoquée avant un délai d'un à deux mois devant la chambre de l'instruction.
Patrick Salameh est détenu depuis le 14 décembre 2008 au quartier d'isolement de la maison d'arrêt de Luynes (Bouches-du-Rhône). Il reconnaît avoir eu des relations avec chacune des filles, mais continue de nier avec force les disparitions qui lui sont reprochées. Il devrait comparaître détenu devant ses juges.
Aucun cadavre n'a jamais été retrouvé, en dépit des multiples fouilles entreprises par les enquêteurs de la police judiciaire sur les divers lieux de résidence du mis en cause dans les Bouches-du-Rhône et le Var.
Patrick Salameh a également été mis en examen en mai 2011 pour la disparition d'une quatrième jeune femme. Il est cette fois poursuivi pour "enlèvement et séquestration" sur la personne de Fatima Saïah, une baby-sitter de 20 ans, introuvable depuis le 7 mai 2008. La juge Stéphanie Giraud n'a toutefois pas encore clos son instruction sur le sujet.
Les enquêteurs de la police judiciaire ont mis au jour plusieurs "éléments troublants", et notamment le témoignage d'une sans domicile fixe, qui a reconnu le suspect comme étant l'homme qui lui avait demandé de passer un coup de téléphone à la jeune fille quelques heures avant sa disparition, en réponse à une annonce passée sur internet.
xnis/sb
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