vendredi 12 octobre 2012

Manuel Valls à Marseille: "un crime de trop" - Le Nouvel Observateur

MARSEILLE (Sipa) — Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, a déploré jeudi soir "un crime de trop" après un nouveau règlement à Marseille, qui a causé la mort en plein centre ville d'un homme de 53 ans.

Le ministre de l'Intérieur a avancé de quelques heures sa visite à Marseille, en se rendant dès jeudi soir dans la cité phocéenne, a-t-on appris vendredi de source policière. Il s'est rendu vers 21h sur la scène de crime dans le quartier des Cinq-Avenues, où Jean Marano, connu des services de police depuis 1978, a été tué par balles dans l'après-midi.

C'est "un crime de trop", a lancé le locataire de la place Beauvau. "Je suis venu redire la détermination de l'Etat pour lutter contre toutes les formes de délinquance", a-t-il insisté. "La peur doit reculer".

Le ministre de l'Intérieur était accompagné de la ministre déléguée à la lutte contre l'exclusion Marie-Arlette Carlotti, du nouveau préfet de police des Bouches-du-Rhône Jean-Paul Bonnetain et du directeur départemental de la sécurité publique, Pierre-Marie Bourniquel.

Ce règlement de comptes est le quinzième mortel enregistré depuis le début de l'année 2012 à Marseille. La piste d'une vengeance dans la tradition du banditisme à l'ancienne est privilégiée par la brigade criminelle de la police judiciaire.

Manuel Valls s'est fait expliquer par les enquêteurs les conditions du déroulement de la fusillade qui a causé un certain émoi dans le quartier et les premières pistes d'investigation à l'étude.

Deux hommes juchés sur un scooter et porteurs de masques de carnaval ont fait feu à onze reprises avec un pistolet de calibre 11,43 à l'heure du déjeuner sur la victime, la touchant mortellement en plusieurs endroits du corps. De nombreux lycéens se trouvaient attablés à la terrasse du café où les faits ont eu lieu.

Le ministre de l'Intérieur s'est ensuite déplacé dans les quartiers nord de la ville avec un équipage de la Brigade anticriminalité (Bac), afin de prendre la mesure du travail qui est effectué chaque jour par les fonctionnaires de police, notamment dans la traque des dealers.

Trois nouveaux policiers de la Bac Nord, qui étaient en garde à vue depuis mardi ont pour leur part été mis en examen jeudi soir par les juges Patricia Krummenacker et Caroline Charpentier en charge des vols et extorsions présumés commises au préjudice de revendeurs de drogue. Ils sont ressortis libres, mais ont été placés sous contrôle judiciaire avec interdiction d'exercer leur métier de policier, de rencontrer les autres mis en examen et de se rendre dans les locaux de la Bac Nord.

Au total, quinze policiers sont poursuivis dans cette information judiciaire ouverte depuis le 22 février et sept d'entre eux sont écroués dans plusieurs prisons de la région. Un ancien policier de la Bac Centre a pour sa part été entendu jeudi par la "police des polices" sous le statut de simple témoin.

Manuel Valls se rend vendredi matin au commissariat de Noailles, au centre de Marseille, où il doit à nouveau rencontrer les policiers, puis il clôturera le congrès annuel du syndicat de police Alliance qui se tient sur la Corniche Kennedy.

xnis/ljg

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